La voix dans les chansons. Approches musicologiques.

Colloque international

3-4 mars 2016
Université Lumière - Lyon II / Université Paris-Sorbonne

Organisation : Catherine Rudent (Paris-Sorbonne, IReMus) / Céline Chabot-Canet (Lyon 2, Passage XX XXI)

Le colloque « La voix dans les chansons a abordé de manière constructive et stimulante diverses thématiques sur lesquelles il ambitionnait de se pencher.

Mentionnons, parmi les principales, la question du personnage vocal, ou persona construit par la voix. Extensivement traité par l’un des invités d’honneur du colloque, Philip Tagg, il a émergé dans diverses communications centrées sur des exemples, comme celle de Julie Vaquié-Mansion sur Nosfell.

Une autre thématique importante, celle des techniques vocales diversifiées en usage dans les musiques populaires phonographiques, a été traitée dans la communication d’une autre invitée, Nathalie Henrich- Bernardoni, qui a développé en particulier les caractéristiques du belting. Des techniques plus localisées esthétiquement, mais marquantes pour les musiques populaires contemporaines, ont été décrites dans les communications de Claire Pillot-Loiseau sur le human beatbox (dans une approche physiologique) et de Bérenger Hainaut sur le black metal (approche stylistique et esthétique).

Des communications de méthodologie de l’analyse des voix ont été proposées à plusieurs reprises : une ample présentation des descripteurs vocaux intuitifs et perceptifs, dans la presse grand public par exemple, a fait l’objet de la conférence inaugurale, confiée à Christophe Pirenne, qui a saisi l’occasion de montrer les difficultés de l’analyse de voix et de faire un état des (mé-)connaissances communes dans le domaine. En « commentant les commentaires » sur trois chanteurs décédés dernièrement (Bowie, Delpech, Kilmister), il a à la fois ouvert le champ des esthétiques musicales concernées par le colloque et rendu évidente la nécessité de commenter la voix autrement. Des outils méthodologiques ont aussi été proposés par Luc Ardaillon et Céline Chabot-Canet, par Catherine Lefrançois, par Boris Doval - et de manière plus localisée par Joachim Séné. Des analyses de processus phonographiques concernant la voix ont été développées par Benoît Navarret (sur le rock - exemples de Jimi Hendrix, Led Zeppelin, Muse) et par Xavier Collard (sur le death metal).

La thématique la plus développée, de beaucoup, dans les diverses communications du colloque, est celle des relations entre styles musicaux et choix ou techniques vocales. A cette tendance du colloque se rattache un large éventail de communications, celles des deux organisatrices (Céline Chabot-Canet qui a fait le lien entre rhétorique et style vocal, Catherine Rudent sur l’importation de stéréotypes vocaux rock dans diverses voix de chanteurs français), ainsi que les perspectives ouvertes par Gérard Le Vot sur les techniques de variance dans le rock des années 1960 et 1970, la communication de Perrine Warmé-Janville sur l’utilisation de la voix dans le jazz, d’Olivier Migliore et Nicolas Obin sur la prosodie dans le rap français… Le style vocal individuel d’artistes divers a été l’objet des communications de Céline Pruvost (sur John De Leo), Karine Daviet (sur Bashung), Pascal Pistone (sur Allain Leprest).

Le colloque a fait salle comble aussi bien dans la Salle des colloques de l’Université Lumière-Lyon II le 3 (où il a aussi attiré un public non universitaire, de praticiens de la chanson), que dans la salle André Pirro de l’Université Paris-Sorbonne, le 4). Il a été l’occasion d’un concert le premier soir, à Lyon, où les étudiants chanteurs de master de Laurent Grégoire ont fait la preuve d’un talent incontestable, interprétant des classiques du rock, de la pop, de la chanson française.

Le colloque a ainsi montré la vitalité de sa thématique, a satisfait à ses objectifs (bilan d'acquis et ouverture des perspectives de la recherche) et débouchera sur des actes ainsi que sur la création d’un site web permettant l’échange ultérieur d’informations et de données de recherches entre les participants.